Le 66, c’est chez eux, mais c’est surtout Chai moi

Iris Rutz-Rudel nous propose à l’occasion de ces VDV #66 une virée dans les Pyrénées Orientales. Et cela tombe bien, car nous adorons cette région. Et lorsque cette destination est évoquée, nous emporte une envie irrésistible de quitter nos fauteuils douillets pour nous orienter vers … notre cave ! Où nous attendent des extraits de ce terroir, enfermés dans des quilles au nom emprunts de poésie : Pet’nat, Chai moi, Blablablanc … et qui ne demandent qu’à être libérés pour offrir le meilleur d’eux mêmes. Pour exprimer ce terroir, notre vigneron fétiche a choisi des cépages traditionnels du Sud : grenache, syrah, carignan … Cépages traditionnels pour vins exceptionnels.

vins-jolly

Prenons pour illustration une quille de Chai moi. Personne n’est insensible à ce vin : un vin rond, aux arômes de pruneau, de noyau, avec cependant une belle fraicheur et une longueur exceptionnelle. Souvent, on aime ou on déteste. Parfois, on n’est pas sûr d’aimer. On se dit qu’il faut y revenir, qu’il y a un quelque chose de sauvage, qui mériterait certainement à être amadoué par nos  papilles… Quelque chose de l’ordre de la relation passionnelle : on est attiré, on ne sait pas trop par quoi, on a envie d’y revenir.  Et lorsqu’on y revient, en général, ça se transforme en histoire d’amour (j’ai dit d’amour hein … pas platonique) : on ne veut plus le lâcher.

Et là, on a envie de comprendre : mais comment est-ce donc possible qu’un vin devienne aussi atypique avec des cépages aussi classiques, à savoir un alliage de syrah, grenache et de carignan ? Alors on a posé la question au géniteur de cette merveille : Jean-luc Chossart, du domaine Jolly Ferriol. Et voici sa réponse :
« Le Chai moi est une cuvée produite à partir de raisins (syrah, grenache, carignan) issus d’une qualité de  sol (marnes schisteuses) qui augmente la vivacité et le potentiel de garde. Le principal secret du Chai moi, c’ est un assemblage de grenache et de carignan qui ont subi une macération carbonique et de syrah travaillé en égrappé/foulé.Une garde minimum de 24h en barriques anciennes vient renforcer les arômes assez atypiques de ce vin. »

Ah voilà donc le secret ! Un égrappé foulé associé à une macération carbonique … Mais quésaco ? Une occasion de réviser notre terminologie œnologique :

La macération carbonique réfère à une macération des grappes entières dans des cuves privées d’oxygène, et donc rapidement saturées en dioxyde de carbone. La fermentation prend alors sa source au sein même du fruit, qui finit par éclater : on peut récupérer le jus de coule.
L’égrappé/foulé consiste à faire macérer uniquement les grains (égrappage) qui ont été foulés, c’est à dire écrasés doucement de telle façon à ce que les pépins ne le soient pas.

Une occasion aussi de vérifier que le vin c’est beaucoup plus compliqué qu’un raisin fermenté. C’est un savoir-faire associé à un osé-faire. Une savoir artistique en quelque sorte. Et on remercie Jean-Luc Chossart d’avoir abandonné son savoir-faire d’ingénieur-informaticien pour se consacrer au vin en s’installant en 2005 avec son épouse Isabelle Jolly, sur l’un des plus vieux domaines des Pyrénées Orientales, le domaine Ferriol, abandonné depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Domaine Joly-Ferriol

 Et si vous dégustez des vins du domaine Jolly  Ferriol, vous pourrez vous gargariser de déguster des vins ayant le même sol originel que certains bus par Napoléon III. Mais comme vous êtes comme nous et que vous n’aimez pas un vin pour son prestige mais pour son goût, vous vous laisserez emporter par l’invitation au voyage que constituent les vins du domaine Jolly Ferriol. Et après, ensemble, nous pourrons en faire des blablas.

Blablablanc

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VDV #65 A bas les préjugés ! Vive nous !

Sandrine Goeyvaerts, la présidente de ces VDV #65, veut qu’on pète tout, que  « ça wizze, que ça fasse plop, et pssshhhiiiit dans tous les coins ». Cela tombe bien : nous adorons quand ca pète, ça wizze, que ça fait plop, et pssshhhiiiit dans tous les coins. A condition que cela fasse glouglou aussi ! Et pour que ça fasse glouglou, il ne suffit pas qu’il soit écrit « Champagne » sur l’étiquette  … Désolés de te contrarier, très cher lecteur qui fais péter le champagne dès que tu veux que ça bulle honorablement. Nous savons qu’ouvrir une bouteille de Champagne est un acte généreux, mais il serait temps d’échapper à l’endoctrinement de ce gourou, et laisser libre cours à l’expression de tes papilles, en étant à leur écoute : ose reconnaître avec elles que certes ça fait pssshhhiiiit mais ça fait flop souvent aussi, plutôt que le plop tant espéré. Alors quand nous voulons festoyer bullement avec toi, et que nous dégoupillons une quille non estampillée du sceau « Champagne », ne pense que nous ne voulons pas ça wizze tant que cela. Si ! Nous le voulons, mais nous le voulons bien et bon. Et il faut reconnaitre que bon nombre de bulles ayant pris vie ailleurs qu’en Champagne nous ont explosé le palais bien mieux que beaucoup de leur cousines champenoises.

Mais au fait comment prennent donc t-elles vie ces bulles ? Justement, dans beaucoup de vins pétillants que nous aimons elles prennent vie … naturellement. Ce qui n’est pas le cas dans la majeure partie des méthodes traditionnelle, eh non !   Elles y prennent vie sous l’influence d’une liqueur de tirage, composée de vin « tranquille », de sucre (de betterave ou de canne) et de levures, qui déclenchera les bulles. Alors que pour les vins que nous aimons, le vin est mis en bouteille lors de la première (et unique) fermentation : le gaz devient alors prisonnier de la dive bouteille et de son liquide : la bulle nait. La vin pétille donc naturellement, d’où le nom de Pet’Nat. Nous reconnaissons que le nom n’est pas un ami de la poésie mais nous l’avons déjà dit : qu’importe le nom quand il s’agit de régaler les papilles ?

D’ailleurs, Jean-Luc Chaussard annonce explicitement la couleur, sans ambiguïté aucune :

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Et là, aucun flop possible : que du pssshhhiiiit, du glouglou et du huuuuummm ! Une bulle fine, et légère sur un vin sec, avec des arômes de fruits : une grande sensation de fraîcheur.

Si tu as envie de quelque chose de plus minéral, goûte donc Turbulence de Philippe Delmée.

turbulence

Tu peux aussi goûter son pet’nat rosé :

rozzeto

Dans le verre, c’est beauuu ce rose et ces bulles (Arghhh ! Nous n’avons pas de photos). Grolleau oblige, on est plus sur le fruit, mais on conserve tout de même une bonne fraîcheur. Bon, au niveau de l’étiquette, faut assumer : on est loin de l’élégance revendiquée des Champagne. Mais au moins, là, ça pète, ça claque, ça fait parler, ça fait du bruit. Et puisque ce qu’il y a à l’intérieur wizze, nous on dit : chiche !

Parce qu’il faut que « ça pète, ça wizze, que ça fasse plop, et pssshhhiiiit dans tous les coins » ! L’essentiel est là, soyons en sûrs. Alors on pète la gueule à tous nos préjugés et, avec Anne Graindorge, on « apprend à désapprendre, pour réapprendre en fonction de soi. »

NB : nous aurions pu parler des méthodes traditionnelles relevant de procédés naturels, dont le sucre des liqueurs (de tirage) est issu exclusivement du raisin, comme ce que l’on peut trouver chez Lise et Bertrand Jousset, ou encore chez Binner. Mais nous ne voulions pas que notre article explose dans tous les sens, même si nous savons qu’eux aussi savent faire exploser nos sens.

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Parrains

Veuillez nous excuser pour le retard quant à la rédaction de ce billet, mais nous avons été un peu dépassés cette semaine par une actualité domestique très dense. Nous voilà dimanche soir, et enfin nous prenons le temps de vous écrire, et surtout de vous dire merci. Merci d’avoir permis que Dégustation : Première ! soit une réussite. Merci à vous, chers clients, qui vous êtes déplacés nombreux. Merci à vous, chers amis, qui nous avez (em)portés. Merci à vous chers blogueurs, qui nous avez encouragés. Merci à vous chers parrains angevins, pour votre présence parfaitement active. Vous avez parfaitement illustrés l’importance de la rencontre entre le producteur et le consommateur. Et l’importance de pouvoir goûter. Parce que quand on a rien à cacher, on peut tout goûter !
Commençons par celui qui parle le plus fort, et le plus (normal pour un ancien prof) : Philippe Delmée.

turbulence

Turbulence : un pet’nat de chenin, sec et frais. Des bulles fines pour un apéritif festif.

rozzeto

Rozetto : un rosé pétillant de grolleau, avec un parfait équilibre entre le sucre et l’amertume en fin de bouche. Pour l’apéritif ou un dessert aux fruits. L’étiquette est à elle seule tout un poème. Pour la petite anecdote, Philippe a vécu dans cette caravane en arrivant en Anjou. Nous n’irons pas jusqu’à faire de rapprochement entre le satyre de l’étiquette et le vigneron … Quoique …

 

les chninsonboit patience

Les Ch’nins on boit, Et la caravane passe et Patience : deux Ch’nins pas turbulents, deux expressions différentes d’un même cépage, issu de terroirs différents. Et un élevage plus long pour Patience. Déjà que l’impatience de Les Ch’nins est récompensée par une saveur parfaitement ronde et fruitée, on vous laisse imaginer ce que cela donne pour la Patience …

grossenadine

La Grosse Nadine : Ah là là ! La Grosse Nadine, on ne peut en parler, on ne peut que la goûter, déguster … Quand : pas avec le dessert mais en dessert : 360 grammes de sucres résiduels, 6° d’alcool, une longueur en bouche exceptionnelle, le tout qu’avec des grains nobles de Chenin, rien que du Chenin.

Quand Philippe arrive à La grosse Nadine, c’est qu’il est temps de le quitter. Mais soyez rassurés : nous voilà dans les bras de Nicolas Bertin (domaine Bertin-Delatte) et nous avons de quoi être réconfortés.

echalier

L’Echalier : Wouah ! Un chenin puissant : c’est d’abord rond, fruité, puis l’acidité gagne du terrain en douceur, pour un équilibre ici encore parfait.  A boire seul ou en accompagnement d’un saumon fumé et de viandes blanches.

sautillant

Sautillant : un sauvignon qui sautille, qui pétille, avec ici un peu de sucre résiduel. C’est moins apéritif que Turbulences. On est plus sur un dessert au fruit ou au chocolat. Mais si vous aimez les pétillants sucrés à l’apéro, n’hésitez pas une seconde : c’est de toutes façons très bon.

Nos visiteurs de ce Grand Soir pourraient vous le confirmer sans souci, n’est-ce pas ?

 

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VDV#64 Le Grand Soir

Nos vins de demain, sont les vins natures que les Valenciennois boiront. Nous sommes arrivés à Valenciennes avec le vin nature dans nos coeurs, parfaitement heureux de pouvoir enfin l’entreposer, en l’occurrence dans notre nouvelle cave, âgée de plus de 150 ans : des Cheverny de Puzelat, des vins d’Ardèche de Gille Azzoni, des Touraine de chez Lemasson à portée de soifs, à portée de dîners, à portée de potes. On goûte, on explique, on partage :
« Ah des vins natures, des vins bio quoi.
– Non, des vins natures, c’est plus que ça … »

Le stock s’épuise. Il faut le renouveler. La cave nature la plus proche ? Lille ! Pas vraiment à portée de main … Nous décidons alors de passer directement par les producteurs. On passe commande, pour nous, pour les amis : une logistique se met en place. Souvent cette petite phrase, au détour d’une conversation, d’un apéro, d’un diner : « Tu parles trop bien du vin. Tu devrais en vendre ». L’idée fait sourire, puis le sourire se fige, l’idée s’inscrit : « Bah oui, tiens, et si nous en vendions ? »

Depuis quelques semaines, notre cave est devenue professionnelle. Plus de partages encore : avec les clients, les vignerons, les potes, nouveaux et anciens, qui nous soutiennent. Et puis entre nous : les rôles qui se mettent en place, tout en rondeurs … Le rêve devient réalité.

Il faut maintenant que cette réalité se pérennise : pour cela, la bière reine devra accepter de partager la vedette avec du vin. Pas n’importe quels vins : ceux que nous aimons, ceux parce qu’originels ne peuvent qu’être ceux de demain.

A moins que les vins de demain ne soient ceux que nous goûterons avec nos clients ce soir, lors d’une toute première dégustation organisée en nos mûrs. Nos parrains, Philippe Delméee et Nicolas Bertin, nous béniront de quelques-unes de leurs quilles. Peut-être Le Grand Soir pour des lendemains rose blanc rouge.

 

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Dégustation : première !

Vendredi nous arrive ce qui arrive à tout caviste qui se respecte : nous organisons notre première dégustation entre 18 h 00 et 21 h 00.
Avec deux vignerons natures et angevins : Philippe Delmée et Nicolas Bertin. Chacun aura quelques cuvées à nous présenter : des blanches, une rouge, des bulles blanches et roses. Bref, un merveilleux feu d’artifice pour abreuver ce qui symbolisera l’inauguration de notre cave. En espérant vous y retrouver nombreux.

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Ce que nous avons entendu …

Emmanuel Giboulot était comme prévu présent au salon Vins Nature en Nord … Nous pensions qu’il serait inaccessible au moins physiquement. Ce ne fut pas le cas, loin de là. Il était là non seulement pour faire goûter ses vins, mais aussi pour répondre aux interrogations des visiteurs, jouant le jeu de l’attente créé par la médiatisation de son histoire. Il nous a affirmé avoir décidé de ne pas traiter en concertation avec la majorité de ses collègues bio, qui prônaient d’acheter cependant le pesticide afin d’avoir des factures à présenter en cas de contrôle. Lui désirait assumer complètement le fait de refuser d’utiliser le produit. Évidemment, la probabilité qu’il soit contrôlé était faible, mais quand il a su qu’il le serait, il dit n’avoir rien changé à sa posture. Quand nous lui demandons s’il ne se sent pas professionnellement seul, il répond que non, qu’il a reçu de nombreux soutiens même s’il est vrai que lorsqu’il s’agit de soutien officiel, il y a moins de monde au portillon. Mais, alors que nous nous offusquons, il ne semble absolument pas aigri et dit comprendre parfaitement que certains souhaitent ne pas aller au conflit, que cela dépend du caractère de chacun. En fait Emmanuel semble être avec les hommes comme il est avec sa vigne : rejeter la généralisation, le systématique. Faire du cas par cas, de l’homme par homme. Chacun a ses raisons d’agir ou pas et on se doit de le respecter. Wouah ! Quelle rencontre ! Quel charisme ! Un homme à la hauteur de son image médiatique. Mais une fois cet entretien passé, nous en étions toujours au même point qu’avant le salon : nous ne connaissions que l’avis du principal intéressé. Nous nous sommes alors rendus au stand d’Isabelle et Jean Yves Vantey, domaine des Rouges Queues. Leur première réaction fut de nous préciser qu’Emmanuel était dans le salon et que nous pouvions donc nous adresser à lui. Nous leur avons répondu que, son avis, nous l’avions déjà et que ce qui nous intéressait, justement, c’était le leur : soutenaient-ils leur collègue ? En chœur : « Bien sûr que oui ! On le soutient tous ! » – Et vous, qu’avez-vous fait alors, ou pas ? Yeux baissés, air légèrement gêné : – Bah on l’acheté mais on l’a pas mis. On voulait avoir la facture. Et puis si on en avait eu besoin (c’est à dire si la cicadelle avait été dans des parcelles voisines), au moins on l’avait. Finalement, ce sont Jean-Yves et Isabelle qui ont agi en adéquation avec les collègues de la filière. Mais ils pensent qu’au final c’est Emmanuel Giboulot qui a raison : il faut arrêter l’hypocrisie. Les données scientifiques prouvent que les traitements systématiques ne fonctionnent pas. Ils ont eux, comme bon nombre de leur collègues qui travaillent en bio, tendance à penser qu’au contraire s’attaquer à la faune (l’insecticide utilisé contre la cicadelle n’étant pas sélectif) est particulièrement dommageable pour l’écosystème. Ils prônent donc comme Emmanuel Giboulot une prospection attentive, et on agit cep par cep, parcelle par parcelle … Emmanuel Giboulot n’a donc pas agi seul, et est soutenu par le milieu. Nous voilà rassurés : les moutons que nous sommes ont choisi le bon troupeau. Mais il est où le berger du troupeau, la voix professionnelle, unie, qui soutient officiellement notre star de vigneron ? Nous voilà rassurés une seconde fois : un collectif vient d’être créé : stop flavescence Bourgogne. Leur objectif est de tenter de trouver un concensus afin de lutter efficacement contre la flavescence, sans entrer dans des querelles communautaristes. Oh ! Mais en voilà une bonne idée, qui rejoint celle des vignerons du Jura, comme nous l’apprenait Olif dans son article en date du 27 février, parfaite synthèse des informations que l’on peut trouver sur la blogosphère à propos de la cicadelle. Et avec toutes ces bonnes volontés, peut-être trouverez-vous, Mesdames et Messieurs les vignerons, une solution raisonnée et efficace qui permette de protéger non seulement la vigne, mais aussi, et surtout l’homme. Car, comme nous le faisait si justement remarquer Emmanuel Giboulot : avec les pesticides, on a l’ambition de sauver la vigne, sans hésiter à contaminer l’homme. Or, qu’est ce qui est le plus important ? La vigne ou l’homme ?

Nous avons beau adorer le vin, la réponse, finalement, est évidente.

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Vous avez dit Emmanuel Giboulot ?

Emmanuel Giboulot ? Mais si bien sûr vous avez entendu ce nom : ce vigneron bio de la Côte d’Or qui a bénéficié d’un soutien exceptionnel, virtuel d’abord, puis humain, lors de son procès à la cour correctionnelle de Dijon.

Mais pourquoi Emmanuel Giboulot a-t-il été amené devant la cour correctionnelle ? Parce qu’il a décidé, à l’encontre d’un arrêté préfectoral, de ne pas traiter ses vignes contre la cicadelle, insecte vecteur de la flavescence dorée dans les vignes, maladie à juste titre redoutée car particulièrement redoutable pour la vigne.

Notre conception de la vie nous a amenés à rejoindre les milliers de soutiens virtuels : nous nous sentons proche d’un modèle de consommation basé sur une agriculture raisonnée. Et, selon notre perception, qui dit raisonné dit raisonnable : faire du cas par cas nous semble être une excellente façon de garder raison, surtout quand il s’agit d’utiliser des pesticides, plus ou moins, mais toujours, nocifs pour l’Homme.

Mais notre avis est-il lui raisonnable ?  Le collectif de soutien auquel nous appartenons s’opposait originellement au traitement systématique, qui plus est chimique. Mais finalement quelle solution alternative est proposée ? Nous avons compris qu’Emmanuel Giboulot prône le « vigne par vigne », voire le « cep par cep », ce qui nous semblait parfaitement sensé. Mais il s’agit là de la solution d’un homme. Nous apercevons face aux solutions conventionnelles et imposées par l’Etat des propositions isolées (plantation de fougères, piège à cicadelles … ), en place et lieu d’un consensus biodynamique, qui nous rassurerait, nous aiguillerait et nous conforterait . Alors, oui ! Nous sommes contre le chimique à tout prix ! Mais en ce qui concerne la lutte contre la flavescence dorée, pour quoi sommes-nous donc ? Qu’ont décidé d’ailleurs les autres vignerons naturels de la Bourgogne ? A ce propos, aucun écho, si ce n’est une forte inquiétude à l’approche de la flavescence au printemps dernier, avec a priori un refus des techniques de lutte traditionnelles. Mais qu’en fut-il après l’arrêté préfectoral ? Emmanuel Giboulot est-il le seul vigneron de Bourgogne à avoir refusé de traiter ses vignes, ou est-il le seul à avoir été pris la main « pas dans le sac » lors d’un contrôle inopiné ? Impossible de trouver l’information dans les médias. Alors, c’est décidé : nous poserons demain la question à des intéressés de très près  : les vignerons de Bourgogne (entre autres Athénaïs de Béru, Jean et J. Louis Trapet, Philippe Valette) présents à Vins Nature en Nord !

Et nous goûterons aussi les vins d’Emmanuel Giboulot, que nous ne connaissons pas encore. Cela nous fera donc au moins deux choses à vous raconter la semaine prochaine. Vivement !

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